Le succès des sports méconnusDiscipline sportive ne rime pas forcément avec reconnaissance
Futsal, kin-ball, hockey sur gazon ou subaquatique : malgré une faible médiatisation, ces sports possèdent bien des atouts pour sortir de l'anonymat.
Trois mille ! C'est le nombre de sports aujourd'hui recensés au niveau mondial. Combien en connaissez-vous ? Le football, le tennis, le cyclisme… quelques dizaines ! Au demeurant, dans le contexte actuel de mondialisation, les langues, les modes et les vêtements s’uniformisent. Les sports sont victimes du même phénomène et doivent trouver de nouvelles recettes afin de se démarquer. Certaines disciplines connaissent une popularité accrue, grâce à une médiatisation parfois excessive, d’autres au contraire peinent à trouver leur place dans la société. Ce sont les sports méconnus. Existe-t-il vraiment une volonté de la part de ces activités d’être mises au devant de la scène médiatique ? Quand sports et valeurs ne font qu’unLe futsal, le basket-ball, ou encore le football sont aujourd’hui des disciplines sportives connues, certaines d’entre elles sont pourtant plus médiatisées. Pour autant, les pratiquants sont formels: nul besoin d’une forte couverture médiatique. Les activités les moins connues seraient les principales promotrices de valeurs. Prenons le kin-ball. Cette discipline a été créée pour valoriser le respect des autres joueurs et des arbitres. L’objectif est de servir un ballon de grand diamètre à l’une des équipes adverses de façon à ce qu’elle ne puisse pas le réceptionner avant qu’il ne touche le sol. La critique n’est pas permise et tout joueur excluant un membre de son équipe, du fait d’un niveau inférieur, est pénalisé. Les sports moins connus transmettent des valeurs qui leur sont communes : le plaisir, l’accessibilité, ou encore la coopération qui doit prendre le pas sur l’individualisme. Aurélie, membre du Lille Hockey Club, en témoigne. Le hockey sur gazon est, affirme-t-elle, « un sport collectif et ludique où l’on est plus que des coéquipières, des amies ». Ces disciplines sportives sont souvent pratiquées à l’intérieur de périmètres réduits, ce qui permet aux joueurs d’être en permanence en action. C’est le cas notamment pour le futsal ou le hockey sur gazon : « ce qui me plaît dans la pratique du hockey c'est l'association de la technique et de la tactique, les deux sont indispensables, être réactif face à l'adversaire, savoir adopter la tactique appropriée » poursuit Aurélie. Pour autant, les sports méconnus ne sont pas réservés à une élite sportive : les règlements sont accessibles à tous et il est inutile d’être un joueur confirmé pour passer un bon moment de convivialité. Etre reconnu mais à quel prix ?Pour attirer de nouveaux pratiquants, ces sports doivent se montrer davantage. Comment y parvenir ? La réponse à cette question pourrait faire débat car le rapport à l’argent est différent de celui qui existe dans les sports médiatisés. Comme le fait remarquer Alexis, joueur de hockey subaquatique, « en général dans les sports comme le nôtre, tout repose sur le bénévolat, que ce soit pour la vie du club ou pour la vie du hockey. » Sortir un sport de l’anonymat suppose d’abord la prise en charge au niveau national des intérêts de cette activité par une fédération. La médiatisation est également indispensable mais cela répond aussi à des facteurs plus au moins objectifs. Parmi eux, figure la naissance d’un champion. Ce fut le cas lors des Jeux Olympiques 2008 de Pékin avec les prouesses des frères Guénot, doubles médaillés en lutte gréco-romaine. Depuis, le nombre de licenciés dans cette discipline a augmenté de 15%. Pour autant, le principal moyen permettant à une activité sportive de se faire connaître, hors de sa propre sphère, est l’organisation de compétitions. « En interne, chaque section organise des événements pour se faire connaître » souligne Sylvain Paillette, secrétaire général du Lille Université Club (LUC), association proposant une grande palette de sports comme le roller-rugby ou le hockey subaquatique. L’appel au marketing ne risque-t-il pas de nuire au côté convivial de disciplines jusque-là davantage considérées comme des loisirs ? Pour Sylvain Paillette, « tout dépend du degré de motivation des gens à pratiquer l’activité en question. Même si on considère tel ou tel loisir comme un sport, les gens doivent garder du plaisir à pratiquer ». Le secrétaire général du LUC cite en exemple le badminton : « même si la section de badminton est d’un haut niveau et participe à des compétitions nationales, les joueurs ont su garder la convivialité qui existait à l’origine ». Les pratiquants semblent d’accord. Aurélie approuve : « les valeurs de bases sont préservées : intégration, tolérance et esprit d'équipe. Toutefois un peu plus de médiatisation serait bienvenue pour faire connaître un peu plus ce sport et ses avantages ». Comme le précise le responsable du LUC, « beaucoup de marches restent encore à franchir ». Mais pour reprendre une citation du baron Pierre de Coubertin : « Chaque difficulté rencontrée doit être l’occasion d’un nouveau progrès. »
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